Tout commence par un salut

Tout commence par un salut

15 septembre 2026

Tout commence par un salut

 

Au karaté, avant d’apprendre à frapper, bloquer ou esquiver, on apprend à saluer.

Cette saison, la Fédération Française de Karaté a choisi une formule simple pour rappeler l’une des valeurs fondamentales de nos disciplines : « Tout commence par un salut. »

Une formule très actuelle, mais dont les racines plongent directement dans l’histoire du karaté.

Gichin Funakoshi (1868-1957), considéré comme l’un des principaux pères du karaté moderne et fondateur du karaté Shotokan, avait placé cette notion au cœur de son enseignement.

Parmi les vingt préceptes qu’il a laissés, le Nijū Kun, le premier énonce :

« N’oubliez pas que le karaté commence par le salut et se termine par le salut. »

En japonais :  Karate-dō wa rei ni hajimari, rei ni owaru koto o wasuru na.

Cette place n’est évidemment pas anodine. Avant même de parler de technique, de combat, de puissance ou d’efficacité, Funakoshi commence par Rei (礼).

Rei : bien plus qu’un geste

Rei est généralement traduit en français par « salut ». Mais sa signification est plus large. Il exprime également le respect, la courtoisie et l’attitude juste envers les autres.

Dès que l’on entre dans un dojo, il fait partie de la pratique.

On salue en entrant et en quittant le dojo. On salue au début et à la fin du cours. On salue son professeur. On salue son partenaire avant et après un exercice. Et bien sûr, on salue son adversaire avant et après un combat.

Pour quelqu’un qui découvre le karaté, ces saluts peuvent sembler très codifiés. Pourtant, leur signification est extrêmement simple : je te respecte et je reconnais que nous sommes ici pour pratiquer et progresser ensemble.

Le partenaire qui se trouve face à nous n’est donc pas seulement un adversaire. Il est celui qui va nous permettre de travailler, de tester notre technique et de nous améliorer.

À la fin de l’exercice, le salut est aussi une façon de lui dire : merci.

Apprendre à combattre, apprendre à contrôler

Le karaté reste un art de combat. Nous apprenons des techniques qui peuvent être puissantes : frapper, esquiver, bloquer, se défendre.

C’est précisément pour cette raison que la notion de respect est indissociable de celle de contrôle.

Savoir réaliser une technique ne signifie pas devoir l’utiliser sans discernement. Au contraire, progresser en karaté, c’est apprendre progressivement à maîtriser son corps, sa force, ses gestes et ses émotions.

Le salut marque cette frontière.

Deux karatékas peuvent se faire face, combattre avec intensité, chercher à être rapides, précis et efficaces… puis se saluer.

Le combat s’arrête là où il a commencé : dans le respect.

Un rituel particulièrement important pour les enfants

Chez les plus jeunes, le salut possède également une vraie dimension éducative.

Au dojo, nous apprenons progressivement à écouter lorsque quelqu’un parle, à regarder lorsqu’une technique est montrée, à respecter ses camarades et à accepter certaines règles communes.

Le salut permet de matérialiser ces principes par un geste très simple.

Lorsque deux enfants se saluent avant un exercice, ils comprennent progressivement qu’ils ne sont pas là pour « se battre » l’un contre l’autre. Ils vont travailler ensemble.

Ils peuvent essayer, réussir, se tromper, recommencer, parfois gagner ou perdre. À la fin, ils se saluent de nouveau.

C’est aussi cela que nous cherchons à transmettre à travers la pratique du karaté.

Le salut au début et à la fin du cours

À JAD Karaté Dax, chaque cours commence et se termine par le salut traditionnel.

Selon les situations, les élèves peuvent notamment entendre :

Sensei ni rei : salut au professeur.

Otagai ni rei : salut entre les pratiquants.

Ce cérémonial n’est pas là simplement parce que « cela s’est toujours fait comme ça ». Il permet de marquer un changement.

Lorsque nous entrons sur le tatami, nous laissons momentanément à l’extérieur une partie de notre quotidien. Nous sommes là pour apprendre, pratiquer et partager un moment avec les autres membres du dojo.

À la fin du cours, le salut referme cette parenthèse.

 

Tout commence… et tout finit par un salut

Finalement, quelques secondes suffisent.

On se tient droit. On regarde la personne qui se trouve face à nous. On s’incline.

Mais derrière ce geste se trouvent quelques-unes des valeurs essentielles du karaté : respect, maîtrise de soi, humilité et contrôle.

Des valeurs que l’on essaie de développer sur le tatami, mais qui ont évidemment vocation à nous accompagner bien au-delà du dojo.

Plus d’un siècle après les débuts de l’enseignement de Funakoshi, le message reste donc étonnamment actuel.

Avant la première technique : Rei.
Après la dernière : Rei.

Parce qu’en karaté, tout commence et tout finit par un salut.

JAD Karaté-Do Dax — Former le corps. Élever l’esprit.

 

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